samedi 7 février 2009

Des passants


Planche 27 encrée.

Mon petit billet de jeudi semble avoir fait réagir -dans tous les sens- certains d'entre vous.
Et, accessoirement, il a propulsé la fréquentation de ce blog vers des scores inhabituels.
Curieux, hein, comme ces histoires de prix font causer?

Des nouvelles du troisième tirage du premier volume de Lulu femme nue:
Il sera en librairie le 20 février, après , sans doute, quatre ou cinq jours de rupture. Hé oui, on dirait bien que ce Fauve a fait son petit effet.

Brave bête.

vendredi 6 février 2009

Soupçon

Non seulement le story-board a progressé cette semaine bien au-delà de la planche 30, mais, en plus, la planche 26 est encrée...

... et la 27, crayonnée (tout ça sans dopage).


Vous ai-je dit que je travaillais souvent en écoutant la radio? Non?
Hé bien figurez-vous que je travaille souvent en écoutant la radio.

Je sais, c'est dingue.

En général, c'est juste un fond sonore auquel je ne prête qu'une attention variable. Mais avant-hier, j'ai tendu l'oreille en entendant une information que j'ai aussitôt recherchée sur le web.
Je l'ai transmise à Joub, avec qui je réalise Geronimo.
On est en train d'étudier l'hypothèse d'attaquer en justice ces gens-là qui se sont visiblement inspirés de nos personnages.
Les bougres sont malins: ils se sont arrangés pour commencer à vivre comme ça plusieurs années avant que nous n'imaginions le scénario de Geronimo.

Mais ça sent à plein nez l'alibi fabriqué exprès de toutes pièces, non?

jeudi 5 février 2009

"Élitisme"

Comme après chaque palmarès charentais, les ondes engendrées par les choix du jury font frissonner le (tout) petit monde de la bande dessinée.
Le plus souvent, ce débat crapote au ras du gazon à grands coups de « J’aime », « J’aime pas ». Certains hurlent à la cécité du jury qui a encore oublié leur idole dans sa liste. On évoque le copinage et ses ravages. On se félicite du choix d’untel, on ricane d’un air supérieur devant tel autre.
Il arrive même que s’amorcent des débats instructifs sur ce que la sélection annuelle nous dit de l’état de la bande dessinée.
Et puis, invariablement, au bout de quelques jours, ce petit pugilat s’essouffle dans l’indifférence générale et chacun retourne à ses occupations.

Cette fois encore, vieille rengaine immémoriale, on accuse le jury d’avoir fait preuve, dans ses choix, d’ « élitisme ». Ha le vilain mot.



Et comme, cette année, cette accusation me concerne aussi en tant que lauréat, je voudrais préciser ceci :
Je ne m’adresse pas à un « public », mais à un lecteur, et pour être plus précis, à UNE personne.
Un livre, tel que je le conçois, c’est ça : une personne qui parle à une autre personne. Si vous lisez ce blog, je suppose que vous êtes cette personne.
Et, pardonnez-moi, je me fous de votre situation sociale, de vos revenus et de votre niveau d’éducation.
Et si l’élite, par définition, est un groupe restreint d’individus, elle ne m’intéresse pas plus que ça (d’ailleurs, à la lecture de ces propos, ma maison d’édition et mon banquier opinent frénétiquement du chef).

Je peux concevoir que Lulu femme nue soit considéré comme un projet assez conventionnel par les tenants d’une bande dessinée très radicale. Je peux même, dans une certaine mesure, être d’accord avec eux.
Mais pour qualifier Lulu femme nue de livre « élitiste », il faut avoir, de la bande dessinée, une conception foutrement étriquée et lui assigner un bien médiocre destin.
On perçoit aussi dans cette posture un mépris réel pour le lecteur et pour ce qui lui suffirait et ça, c’est plus emmerdant.

Ceux qui me lisent et les visiteurs réguliers de ce blog ont sans doute compris que je nourris bien peu de certitudes quant à mon travail.

Mais dans mes rêves les plus optimistes, j’aime espérer que mes livres s’adressent à la plus belle part de vous-même.

À votre élite.

.

mardi 3 février 2009

Fauves

Je ramène donc un Fauve d'Angoulême.
Jaloux et possessif, celui qui régnait jusqu'à aujourd'hui dans mon atelier semble prendre la chose assez mal.



Je vais sans doute devoir me résoudre à héberger le nouvel arrivant ailleurs.
Va t-il falloir entamer des négociations avec les araignées du grenier?

Plus sérieusement, je vous remercie pour tous vos messages auxquels je répondrai dans les jours qui viennent.
Futuropolis vient de m'annoncer le lancement du troisième tirage de Lulu femme nue, premier livre.
Et je vous ai menti la semaine dernière: je ne vais pas pouvoir beaucoup avancer sur mon story-board cette semaine.

vendredi 30 janvier 2009

Ang(n)oulême



On pourra s'y croiser ce samedi, sur le stand Futuropolis de 15 à 17h, et dimanche de 11 à 13h.

Je participerai également, samedi, à 17h45 à une rencontre autour de la sélection officielle du festival.

Et lundi, promis, Sophie, je me remets au boulot.

Gnous (4, et fin)

Ça y est.
Depuis hier, et jusqu'à dimanche soir, la grand migration est en cours et la fête bat son plein. Les gnous se sont retrouvés sur leur colline sacrée. Les autres animaux décrivent de larges boucles autour du troupeau fébrile, qui étanche ainsi la soif de reconnaissance qui le torture tout au long de l'année.



Les quelques gnous qui n'ont pas encore été happés par ce tourbillon furieux sont sur le point de l'être.
Gnou parmi les gnous, je résiste encore un peu à l'appel. Mais il est vain de lutter contre la loi du sang. Ma gnoutitude me l'impose, je dois rejoindre mes congénères.
Ma gnoue et mes gnounettes le savent et ne m'en tiennent pas rigueur. Elles connaissent pourtant les dangers nombreux que j'encours.
Elles savent aussi que je leur reviendrai épuisé, sale et amaigri. Et comme chaque année, avant de m'effondrer sous mon arbre favori, je ferai le serment devant mes ancêtres de ne plus jamais céder à l'Appel Sacré.



En attendant ce serment impossible, demain, dès l'aube, résigné et joyeux, je m'élancerai à travers la savane, vers la Colline Sacrée où déjà mon esprit m'a précédé.

mercredi 28 janvier 2009

Gnous (3)

La date approche. Tout commence demain. La loi du sang parle déjà.
Les gnous les plus jeunes, les impatients et les chefs de meute sont déjà en route. Tout enivrés de leur éphémère importance, ils abandonnent leur nonchalance naturelle au profit d'une course presque gracieuse dont on ne les aurait pas cru capables de prime abord.
De tous les points de l'espace connu, essoufflés, joyeux et affolés, ils convergent vers le pâturage qui, d'aussi loin que porte la mémoire gnoucienne ( adjectif à vérifier), a toujours été le but ultime de cette migration hivernale.



Ceux qui n'ont pas déjà pris la route ont aussi entendu l'appel. Une fierté inavouée les empêche de se précipiter dans le sillage de leurs congénères déjà partis. Ils piaffent. Ils savent que le jour n'est pas encore venu, mais demain, ha demain...

Les spécialistes du gnou se perdent en conjectures quant à la raison de ce rassemblement dans cette pairie anodine. Pas d'herbe plus grasse qu'ailleurs. Nulle source fraîche d'eau limpide. Pour la plus part des gnous, y parvenir nécessite une course de plusieurs centaines de kilomètres, à l'aller comme retour.
Avant leur arrivée, ce n'est qu'une colline vaguement désertique, où pousse une herbe jaune de qualité moyenne, en quantité moyenne.
Et dès que les premières hordes de gnous s'y installent, tout est piétiné, dévoré en quelques heures. Les traînards ont toujours tord.
Pourtant, chaque année, c'est le même plaisir enfantin qui les fait revenir.

Une autre question ajoute au mystère de cette énigme: pourquoi, à la même période, des centaines de milliers d'autres bestioles -de toutes espèces- , comme aspirées par la course de ces gnous enfiévrés, abandonnent-elles également leurs herbages chéris pour rallier ce même pâturage sacrifié?

Gageons qu'un jour la Science Française saura éclaircir cette question.

En attendant, amis lecteurs, écoutez la pulsation d'une fièvre qui monte.
Demain est un autre jour.

(À suivre)