vendredi 26 décembre 2008

Douze ans d'âge

Les deux pinceaux aquarelles ci-dessous ont au moins douze ans d'âge. C'est avec eux que j'ai mis en couleurs presque tous mes livres.
Leur rôle est de poser les "jus" qui donneront la teinte dominante de la page et/ou de la case.
Ce sont de loyaux compagnons, qui, malgré les années, ne rechignent pas à la tâche et dont je connais exactement le comportement.

Les freluquets qui posent avec eux ne méritent pas le même considération: au bout de quelques pages, ils protestent. Leur mise en pli rend l'âme, leur brushing ne tient plus. Ils réclament du repos, des attentions particulières.
Poubelle.
Ha, folle et inconséquente jeunesse. C'est pas mes deux vieux grognards qui me lâcheraient comme ça. Et si un jour -soyons fort- ils doivent eux aussi m'abandonner, j'en porterai le deuil quarante jours.

Les deux pots dégueulasses contiennent les deux couleurs qui me servent à raconter l'ombre, la lumière et la fraîcheur des deux volumes de "Lulu femme nue".
Le premier est un mélange maison d'ocre, de jaune, de rouge et de noir qui m'inquiète un peu. Il s'épaissit inexplicablement avec le temps. J'espère aller avec lui au bout du second livre sans encombre.
L'autre est un pénible cobalt à peine modifié qui présente l'inconvénient de sécher en dépit de toute logique.

Trop tard pour en changer.

mardi 23 décembre 2008

Soudure

La page 19 est encrée. La "nouvelle" page 19 serais-je tenté de préciser si celle-ci ne devait pas tant à l'"ancienne" page 19 qui en était restée au stade du crayonné lorsque cette petite séance de réécriture s'avéra nécessaire.
La 19 restera donc à mes yeux une planche de soudure.
Aux vôtres, j'espère que non, en comptant sur une bienfaisante amnésie qui vous laissera lire en toute innocence le livre achevé.



La question reste d'ailleurs entière: est-il bien malin de vous ouvrir ainsi les portes de mon atelier pendant que tout ça se met en place? Je veux dire: Est-ce que le fait d'avoir eu accès aux cuisines vous empêchera de goûter tranquillement le plat?
N'allez vous pas perdre ici cette innocence technique qui nous fait désormais si souvent défaut, à nous auteurs, pour apprécier pleinement la lecture d'un livre de bande dessinée?
Il m'est (il nous est) difficile de parcourir tranquillement les pages d'un confrères sans imaginer ce qu'on aurait fait à sa place pour telle scène ou ce dont manque tel dialogue pour sonner juste.

Je dois avouer que je ne trouve pas un livre de bande dessinée par an capable de m'emporter vraiment, de me redonner ce statut si confortable de simple lecteur.

Vous êtes prévenus.

En même temps, n'oublions pas que, entre chaque case, entre chaque planche, la qualité d'une belle narration se juge finalement à celle de ses soudures.
Lisses et solides, elles garantissent une lecture fluide, qui n'écorche pas l'œil.

vendredi 19 décembre 2008

Communiqué

Les discussions, qui se sont déroulées dans un climat constructif, ont permis à chacune des parties de faire valoir son point de vue.

Il a été convenu que l'auteur -au moins pour quelques jours- mettrait en veilleuse ses tonitruantes déclarations sur les avantages de l'improvisation.

De leur côté, les personnages, qui n'ont pas souhaité céder un atome de leur liberté d'action, ont accepté néanmoins de ne pas étaler sur les pages plus qu'il n'est convenable leurs états d'âme et leurs divagations .

Globalement, il a été admis qu'un récit dont l'inaction s'avère le thème central, demande une rigueur d'écriture supérieure, ce à quoi l'auteur a piteusement opposé que c'était "plus facile à dire qu'à faire "(sic).

Le travail devrait reprendre dès le début de semaine prochaine (ce week-end c'est pas possible, y'a des bûches à fendre).

mercredi 17 décembre 2008

Interlude (suite)



Patience, ça avance.

Comme les petits réglages qui m'occupent ces jours-ci concernent surtout l'intrigue du récit, vous comprendrez que je ne puisse pas vous en parler aisément.

Pour faire court, disons que je me heurte aux dangers de l'improvisation. Et à ce petit jeu (car c'en est un, que j'aime pratiquer), on ne gagne pas toujours.

En l'occurrence, ici, mes personnages commencent à prendre leurs aises avec la ligne directrice que j'avais imaginée au récit. Cette petite pause a pour objet de négocier avec eux.

Pour prendre une image qui vous parlera en ces temps troublés, je suis comme un ministre de l'éducation aux prises avec d'indociles lycéens.

Sauf que moi, les miens, je les aime.

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mardi 16 décembre 2008

Interlude

Je profite de cette interruption momentanée de l'image pour répondre à quelques questions posées par les plus curieux d'entre vous.

- On me demande de décrire mon "rythme de travail" et ma "journée de travail".

Le module de base idéal de ma journée de travail est la demie-journée, la vraie. C'est à dire quatre ou cinq heures de VRAIE tranquillité sans visite et sans téléphone. Pardon, d'ailleurs, à ceux qui tentent d'établir une conversation téléphonique avec moi dans ces moments-là et qui ont inévitablement le sentiment de s'adresser à un grizzly enrhumé. Il m'arrive par ailleurs d'être un charmant garçon, mais pas quand je bosse.

En une (grosse) demie-journée, donc, je peux crayonner une planche. Une autre demie-journée (pépère) me suffit à l'encrer. Une troisième (compacte; ces jours-là même le chat qui veut sortir pisser n'est pas le bienvenu) pour la mise en couleurs. S'ajoute à ça l'écriture du scénario, absolument vaporeuse et le story-board, (ou "découpage") qui me demande un temps extrêmement variable.
Enfin, outre la vie de tous les jours, divers impondérables ajoutent à cette imprécision: travaux annexes (rares), flemme du matin (chronique), cataclysme planétaire (imminent), etc...

- "Pourquoi ne pas montrer des planches entières?" me demande t-on, dans le fond.

Ha, les petits malins.
Tout simplement parce que ce blog n'a PAS vocation à prépublier le livre en question.

- "Pourquoi ne pas ouvrir les commentaires sur ce blog?" interrogent plusieurs voix.

Parce que je vais parfois me promener sur d'autres blogs. Et que les commentaires y sont souvent assez heu...
Je rappelle cependant que vous pouvez toujours me contacter .

- Un étourdi me demande la date de sortie du second livre de "Lulu femme nue".

Celui-là, je lui ordonne de recopier deux cents fois le texte qui figure en haut à gauche de la page d'accueil.

Des nouvelles, quand même:
J'ai bien travaillé aujourd'hui et cette petite escale technique devrait être bien moins longue que je ne le craignais de prime abord. Merci encore au mécano Gendrot pour son p'tit coup de main.

lundi 15 décembre 2008

Pot au noir

Voilà comment vont les choses:
C'est toujours un peu difficile à dessiner, les premières pages d'un livre. Il faut s'y mettre. Entrer dans l'histoire. S'installer aux commandes. Rester attentif sans rien brusquer.
Cette fois-ci, ça n'était pas particulièrement difficile, puisqu'un tome 1 existait, qui poussait gentiment le second à venir. Alors oui, avouons-le, les premières planches sont tombées assez facilement. Bien sûr, comme toujours, des petites saloperies se glissaient dans certaines cases, qu'il faudra redessiner. Mais globalement, la première vingtaine allait être franchie sans trop de souffrance. Et pour tout dire, poussé par l'alizé de l'accueil fait au premier volume, le second fendait les flots d'un bon train malgré les embruns.

Se méfier, toujours.

S'annonce en effet une zone de petit temps. L'alizé a du mou dans le genou.
Le scénario des scènes à venir mérite, à mon goût, quelques réglages.

J'abats les voiles quelques jours, je retends tout ça soigneusement, et on reprend la mer.

C'est ainsi que nous en étions en fin de semaine à 19 planches, et que nous redescendons aujourd'hui à 18.

Parce qu'un livre qui avance, figurez-vous, ça peut aussi reculer.

vendredi 12 décembre 2008

Sauf lundi

Nous voici donc arrivés en cette fin de semaine à la planche 19, crayonnée.



Des éditions Futuropolis, par la voix du sémillant Patrice Margotin, me viennent des nouvelles fraîches de la réédition du premier livre de "Lulu femme nue".
C'est mardi prochain qu'elle devrait arriver sur les tables de nos amis libraires, que les derniers exemplaires du premier tirage devraient quitter ce week-end.

Ainsi va le monde de l'édition informatisée. Il est désormais possible d'observer en temps réel la vie commerciale d'un ouvrage, et de connaître, chaque jour, le réassort dont il bénéficie (ou pas).

Une sorte de météo éditoriale.

Le bulletin de ce soir est donc le suivant: le week-end sera agréable, ainsi que la semaine à venir. Vous pourrez sans crainte aller chez votre libraire favori.
Sauf lundi, naturellement.