mardi 27 janvier 2009

Gnous (2)

Souvent farouche, parfois misanthrope, le gnou n'est cependant pas assez stupide pour ignorer qu'il ne pourrait pas survivre dans la nature hostile sans un minimum de liens sociaux avec d'autres espèces animales.

On observe parfois, c'est vrai, des individus particulièrement revêches fondamentalement inaptes à la vie de troupeau. On les reconnaît au fait qu'il consacrent l'essentiel de leur journée à délimiter leur territoire à grands jets d'urine. Cette caractéristique peut prendre une dimension pathologique, chez certains gnous, qui négligent même de se nourrir. On les reconnaît à leur pelage terne, à leurs côtes saillantes et à leur œil vitreux (notons cependant que ces individus ne s'abstiennent jamais de boire, sans quoi il leur serait impossible de borner leur espace vital, on voit ici que le gnou ronchon a oublié d'être con).




Misanthropes ou pas, les gnous mènent une existence paisible et souvent misérable aux quatre coins du territoire. Oh bien sûr, il leur arrive parfois d'envier le sort glorieux du lion ou la stature de l'éléphant, mais, allez, on n'est pas les plus malheureux, et la vie suit son petit bonhomme de chemin.

Pourtant, une fois l'an, ce modeste mammifère lève le mufle au dessus du pré. Et à chaque fois, la savane, qui l'ignore absolument le reste de l'année, se rappelle que les gnous existent. Le jour approche, tout le monde le sent. L'œil du gnou s'allume. Il redresse le buste et gonfle sa creuse poitrine. Bravache, il trotte, la bave au groin, heureux d'être l'objet d'une attention aussi éphémère que circonspecte.
Le pays est immense, mais partout au même moment, les gnous se réveillent. Même le lion superbe, même l'incontournable éléphant doivent l'admettre: Bon sang mais c'est bien sûr, le jour du gnou approche.

(À suivre)

lundi 26 janvier 2009

Gnous (1)

Les gnous sont des espèces d'antilopes ; ils sont herbivores et vivent en troupeau en Afrique. Ce sont des mammifères ongulés. On rencontre des gnous en Afrique du Sud, au Kenya et en Tanzanie.
Ils vivent généralement 20 ans et pèsent environ 250 kilogrammes.





Ceux que je connais sont généralement omnivores. Contrairement à leurs congénères africains, ils renâclent à l'idée de la meute. Ils arpentent seuls la savane aride, en médisant sur le reste du règne animal.
Leur longévité est notablement supérieure à celle indiquée ci-dessus (source Wikipedia). Mais le manque d'activité physique et la déplorable hygiène de vie qui caractérisent l'existence de ces individus les autorisent à envisager, eux aussi les 250 kilos.
Hélas, le plus souvent, avant d'avoir atteint ce poids respectable, trahis par un muscle cardiaque atrophié, ils clapotent dans l'indifférence générale, sans avoir rien vu venir.

Telle est l'âpre existence du gnou contemporain.

(À suivre)

PS: Comme je le subodorais, c'est en vain que j'ai tenté de story-boarder (si si, maintenant ce verbe existe, faut juste que j'en parle à Alain Rey) la suite du second volume jusqu'à la planche 30. La dame n'en fait qu'à sa tête. Tout ça s'est volatilisé.
Donc, en ce début de semaine, j'essaie à nouveau d'atteindre au story-board -et de dépasser, soyons ambitieux- cette putain de page 30.

vendredi 23 janvier 2009

Peine perdue

Le premier tiers de "Lulu femme nue", second livre, est aujourd'hui achevé.

En fonction du temps qui m'a été nécessaire pour en arriver là, les plus impatients d'entre vous pourront s'amuser à calculer combien de mois me prendront les deux autres tiers. Mais ça ne servira à rien, ce bouquin pourrait parfaitement comporter quatre tiers. Révolutionnaire.

Extrait de la planche 25.

mercredi 21 janvier 2009

Je ne chanterai pas

Alors que je travaille sur la mise en couleurs des pages dessinées récemment, je reçois mes exemplaire du "Tour du monde en bande dessinée", publié ce mois-ci par les éditions Delcourt. J'ai réalisé cinq planches pour ce livre collectif.



Douze auteurs, de douze pays différents. Je suis donc sensé y représenter la France.
Heu... j'ai un peu l'impression d'être à l'Eurovision.

PS: Connaissiez-vous le chouette blog d' Éric Chevillard?

lundi 19 janvier 2009

Geronimo & les lycéens

Un début de semaine sans Lulu.



On vous en reparlera bientôt, mais Geronimo, le triptyque que je réalise avec Joub avance bien. Le second volume est presque terminé et j'entame le story-board du dernier. C'est ce qui va m'occuper en ce début de semaine.

S'y ajoute une horde de lycéens nantais que Kris et moi allons affronter demain autour de "Un homme est mort".
Cette rencontre était prévue il y a quelques semaines, mais ces braves jeunes gens l'avaient annulée au dernier moment pour la remplacer par un rendez-vous avec un certain Darkos, à qui ils étaient allés infliger une déculottée dans la rue. Ni Kris ni moi ne nous en étions offusqués.
Hé oui, répandre la bonne parole parmi la jeunesse française (ou la corrompre, comme vous voulez) fait aussi partie de notre activité.

PS: Merci à la librairie BDfugue et et à vous tous, lecteurs d'Annecy, pour votre chaleureux accueil au bord du lac. C'était bien!

vendredi 16 janvier 2009

Profil perdu

Planche 25 encrée.

Je signale, par ailleurs, aux visiteurs haut-savoyards de ce blog que je serai demain à la librairie BDfugue d'Annecy pour une séance de dédicaces.

jeudi 15 janvier 2009

Relâché-concentré



Encrer ne consiste pas simplement, comme on pourrait le croire, à "repasser" à l'encre des traits de crayon.
Pour ce qui me concerne, le crayonné propose, l'encrage dispose.

Au crayon, ce sont des hypothèses graphiques qui tombent à la volée sur la page. Une page crayonnée, c'est le bordel. À l'encre, dans ce labyrinthe de carbone, c'est le choix d'une trace qui s'effectue.
L'encrage requiert donc un relâchement mental et une concentration intense. Ces deux états d'esprit peuvent sembler contradictoires. C'est pourquoi la moindre contrariété peut nuire gravement à cette activité de moine bouddhiste.

Ainsi, ce matin avant d'encrer j'ai fait une erreur: J'ai écouté France Inter.

On y avait invité Jean-Marie Messier, l'ex-PDG de Vivendi Universal.
Ce splendide specimen de grand patron carnivore du Cac40, après quelques années loin des affaires, revient parmi nous, les poches encore pleines, expliquer au bon peuple que le capitalisme financier, finalement,c'est mal et que les paradis fiscaux, houlala. Il avait des tremolos dans la voix. Et les journalistes du service public, fascinés sans doute, le laissaient déblatérer.
Heureusement, un auditeur intervenant à l'antenne a trouvé le mot qui convient pour décrire l'attitude du monsieur: "pornographique".

Mais voilà. Entendre au saut du lit Jean-Marie Messier m'a énervé. Il m'a fallu plusieurs minutes de concentration avant de pouvoir encrer correctement.

C'est pas un métier facile.

Aujourd'hui: 24 encrée donc, malgré le guignol, et 25 crayonnée.